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    Vincent Giraudeaux (Yseis) : « Je fais plus d'erreurs que n'importe qui dans mon entreprise »

    Vincent Aboyans30 oct. 202617 min de lecture

    Droit à l'erreur en entreprise : Vincent Giraudeaux (Yseis), ancien acrobate, racontait en 2023 comment ses valeurs sont évaluées, managers compris.

    Interview de Vincent Aboyans pour le podcast Harmony Inside. Entretien diffusé le 3 avril 2023. Les chiffres cités sont ceux d'Yseis au moment de l'entretien. Écouter l'épisode

    Comment rendre crédible le droit à l'erreur en entreprise quand on la dirige ? Au moment de l'entretien, diffusé en avril 2023, Vincent Giraudeaux dirigeait Yseis, le cabinet de conseil et de formation en prévention des risques professionnels qu'il avait fondé une vingtaine d'années plus tôt : 95 salariés et environ 7 M€ de chiffre d'affaires, sans levée de fonds. Auparavant, il avait été cavalier, acrobate et jongleur dans la compagnie d'Alexis Gruss, jusqu'à un grave accident, en 2002, qui a mis fin à sa carrière d'artiste.

    De la piste, il a rapporté une culture de l'erreur : apprendre à tomber, puis à se relever sans tricher. Chez Yseis, elle repose sur un mécanisme précis : cinq valeurs écrites dès la création, déclinées en comportements observables et notées en entretien deux fois par an ; des managers évalués par leurs équipes ; un dirigeant que ses salariés rappellent à l'ordre sur les valeurs. Un cas concret pour tout dirigeant qui se demande si ses valeurs sont vécues.

    De la piste du cirque à la prévention des risques

    Vincent Aboyans : Aujourd'hui, on est deux Vincent : c'est la première fois que ça m'arrive sur ce podcast. Pour que les gens sachent à quel Vincent je parle ce matin, et qui n'est pas moi pour une fois, est-ce que tu peux te présenter ?

    Vincent Giraudeaux : Je suis Vincent Giraudeaux, multicasquette, puisque je suis à la fois entrepreneur, conférencier, et surtout amoureux de tous les projets qu'on me propose. J'ai créé Yseis, une société qui fait du conseil et de la formation en prévention des risques, ce qu'on appelle la santé et sécurité au travail. On est là pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'accident du travail chez nos clients, plutôt des grands comptes qui ont des activités dangereuses.

    Vincent Aboyans : Tu n'as pas toujours été entrepreneur. Tu as un passé d'artiste, d'acrobate, de voltigeur, je ne sais pas quel est le bon mot. Comment on passe du spectacle au métier d'entrepreneur ?

    Vincent Giraudeaux : Tout a commencé quand je faisais mes études : mon père a rencontré Alexis Gruss, et ils se sont liés d'amitié. Pendant toutes mes vacances, je prenais le premier train pour rejoindre le chapiteau. Je m'occupais des chevaux, je montais le chapiteau, je dormais dans des cabines de camions : c'était la vie de rêve. Mes parents m'ont imposé un diplôme, un DUT Hygiène Sécurité Environnement, et je les en remercie tous les jours. Ensuite, je suis devenu artiste à 20 ans : cavalier, acrobate, danseur sur corde, jongleur.

    Et puis, en 2002, j'ai eu un accident grave. Très vite, j'ai pensé à une reconversion, pour ne pas trop cogiter. Je me suis demandé quel métier allait pouvoir me procurer autant de belles sensations que le spectacle vivant. Je me suis dit : ça n'existe pas, donc je vais le créer. J'ai repris la base de ce pour quoi j'avais obtenu un diplôme, un métier très humain, en le créant à ma manière, pour y retrouver les ingrédients que j'avais toujours connus sur la piste.

    Vincent Aboyans : Sur la piste, tous les soirs, tu es acclamé. L'entrepreneuriat, c'est beaucoup plus souterrain. Comment tu as vécu cette transition ?

    Vincent Giraudeaux : On n'a pas l'extase qu'on ressent quand 3 000 personnes debout vous applaudissent. Mais voir qu'un salarié que vous avez embauché à tel niveau, avec qui vous avez pris un risque, a pu évoluer, et que quinze ans après il est toujours dans votre entreprise, c'est une vraie satisfaction. On vit de vrais instants de bonheur, d'émotion, parfois de déception : on tombe, on se relève.

    Droit à l'erreur en entreprise : ce que le jonglage apprend à un dirigeant

    Vincent Aboyans : Un jour, tu te retrouves à embaucher, à devenir manager, patron : une situation complètement nouvelle pour toi. Tu dis avoir repris des valeurs de la piste. C'est quoi, ces valeurs, et comment tu les as appliquées ?

    Vincent Giraudeaux : Je ne m'en suis pas aperçu tout de suite ; après coup, je me suis dit que j'avais juste transposé ces valeurs. Les deux principales, c'est l'humilité et la persévérance. Dans le spectacle vivant, tu es face à ton client tous les jours, le public, et tu as en direct sa satisfaction ou non : les applaudissements. J'ai beaucoup plus appris le soir à table, dans la caravane avec Alexis Gruss, que sur la piste. Les anciens t'apprennent que dès que tu commences à croire que tu es le meilleur du monde, parce que tout le monde t'applaudit tous les soirs, tu es à la veille de ton premier accident. Il y a une discipline très révélatrice, c'est le jonglage.

    « Le meilleur jongleur […], c'est celui qui est le plus persévérant, qui a le plus ramassé ses balles et relancé, ramassé, relancé. »

    Vincent Giraudeaux : Le jonglage, c'est une vraie école d'humilité. Quand ça tombe, tu ne peux pas commencer à trouver des excuses. Les gens attendent une seule chose : que tu ramasses tes balles et que tu recommences. Et quand tu recommences et que tu réussis, ils t'applaudissent deux fois plus. Ils ont valorisé la gestion de ton échec. Je l'ai transposé à chaque fois : ce n'est pas grave de tomber, on tombera tous. La première chose que j'ai apprise en tant qu'acrobate, c'est à tomber, parce qu'on sait qu'on tombera. Ce qui est important, c'est d'apprendre aussi à se relever.

    « Je fais plus d'erreurs que n'importe qui dans mon entreprise, parce que je tente des choses, et ce n'est pas grave d'échouer du moment qu'on assume, qu'on ne triche pas, qu'on se relève et qu'on recommence. »

    Recruter sans CV et miser sur des profils atypiques

    Vincent Aboyans : Dans ton TEDx, « Ne jamais laisser tomber », tu racontes qu'en entretien de recrutement, tu demandes combien il y a de bars à tapas à Madrid. Pourquoi une question aussi absurde ?

    Vincent Giraudeaux : Depuis vingt ans, j'ai toujours, entre guillemets, recruté sans CV. Pas que je ne regardais pas le CV, mais je disais aux candidats : « Votre CV, il ne m'intéresse pas, c'est pour ça que vous êtes là. Maintenant, j'ai envie de vous connaître, vous. » Et je me disais que s'ils connaissaient mon CV, ils ne seraient pas venus : est-ce qu'on a envie de se faire embaucher par un ancien clown ?

    La question des bars à tapas, on l'avait travaillée avec un coach. Ce qui est intéressant, c'est la réaction de la personne, quelle que soit sa réponse. Il y a celle qui se décompose, parce que tout l'entretien était préparé. Celle qui sort un chiffre venu de nulle part : c'est un fonceur. Et celle qui dit : « Laissez-moi un ordinateur et cinq minutes, et je vous amène la bonne réponse. » Ce n'est jamais rédhibitoire. Ça permet de discuter différemment et de savoir ce que les personnes ont dans le cœur.

    Vincent Aboyans : Est-ce que ça t'est arrivé de faire des paris, de recruter des gens qui n'avaient pas le parcours qui les prédestinait à te rejoindre ?

    Vincent Giraudeaux : Il n'y a eu que ça chez Yseis. On a recruté des gens qui avaient plus de 70 ans, qui ne voulaient pas partir à la retraite et voulaient faire une dernière pige : on a dit génial. Thomas, aujourd'hui responsable d'agence chez nous à Paris, est entré comme stagiaire ; il est parti reprendre des études, et il a eu le culot de revenir. Il y a trois ans, j'ai recruté une directrice générale dont le cabinet de recrutement m'avait dit : « Elle n'est pas du tout de votre univers. » J'ai répondu : « Super, c'est quelqu'un qui va nous bousculer. » Quand on sent que la personne est bien câblée et qu'elle adhère à nos valeurs, il n'y a aucune raison que ça ne marche pas.

    La seule chose sur laquelle je suis assez vigilant, c'est l'intergénérationnel. Dans une entreprise, à un moment, on laisse partir des gens qui ont 40 ans d'expérience professionnelle. Ce sont des puits de science, et aussi des puits d'erreurs, des erreurs qu'ils ont su gérer et qu'on va certainement réitérer demain, parce qu'on les aura laissés partir et qu'on essaiera de compenser avec des formations à droite à gauche. Les parents éduquent leurs enfants, et c'est la meilleure des formations : dans l'entreprise, il faut qu'on recrée ça.

    Quand personne ne suit : expliquer avant d'écrire une procédure

    Vincent Aboyans : Une fois que les gens sont entrés, il faut que la greffe prenne. Comment est-ce qu'on donne du sens au travail de tous ces gens qui te rejoignent ?

    Vincent Giraudeaux : Déjà, beaucoup d'humilité. Souvent, on prend une décision, on dit : on va dans telle direction. Au bout de dix mètres, on se retourne, et personne n'a suivi. La facilité serait de dire que les gens n'ont pas compris, qu'ils n'écoutent pas, et de mettre en place des procédures, puis de créer la procédure pour respecter la procédure qu'on ne respectait pas. La première chose, c'est de se demander : est-ce que j'ai assez bien expliqué ? Est-ce que j'ai donné assez de sens ? S'il y a du sens, les gens vont venir naturellement. Je dirais même que si on a besoin d'une procédure, c'est que ça manquait de logique dans ce qu'on voulait faire. Les humains, ils sont très logiques.

    Alexis Gruss a une très belle phrase, qui s'adapte énormément au management : « Dans mon écurie, j'ai 50 chevaux, j'ai 50 méthodes d'enseignement différentes. Et du coup, j'ai 50 élèves premiers de leur classe. » Donner du sens, c'est donner autant de raisons de faire qu'il y a de salariés dans l'entreprise et de jours dans l'année, parce que chacun a des attentes différentes. C'est au manager de s'adapter à chacun, au profit du projet collectif. C'est ce qui est compliqué dans le management, et c'est aussi ce qui fait toute sa richesse.

    Cinq valeurs écrites le premier jour, jamais affichées

    Vincent Aboyans : Pour moi, tout ça ne peut marcher que si tu as posé un cadre, presque un terrain de jeu, et ce terrain de jeu, c'est souvent la culture. Chez Yseis, vous avez écrit cinq valeurs. Quand est-ce que tu t'es dit que c'était important de les formaliser ?

    Vincent Giraudeaux : Le tout premier jour, quand je n'avais pas encore de salarié. J'ai consulté un coach, parce que le seul sujet sur lequel je ne me sentais pas à l'aise, c'était le management. Ce coach m'a dit : si tu veux écrire une belle histoire et qu'elle soit incarnée, il faut que tu définisses des valeurs, mais pas des valeurs qu'on affiche. Il m'a dit ça il y a vingt ans :

    « Tous ceux qui affichent des valeurs sur le fronton de leur boîte ou sur leur site internet, c'est qu'il n'y a rien dedans. Si elles y sont, tu n'as pas besoin de les afficher. »

    Vincent Giraudeaux : Il m'a demandé : quelles sont les dix choses que tu veux absolument dans ta boîte, et les dix que tu ne voudras jamais ? Petit à petit, on a construit ces cinq valeurs, qu'on appelle le CERIP : communication, exemplarité, respect, innovation, persévérance. Surtout, on a énormément travaillé pour donner à chacune un sens précis, réalisable et mesurable.

    La communication, c'est la remontée d'informations : on incite chaque salarié à remonter une information, bonne ou mauvaise, et surtout les managers à l'accepter. L'exemplarité : si on exige 100 % d'un salarié, le N+1 doit être à 200 % et le N+2 à 400 %. Zéro privilège. Le respect, c'est aussi se respecter soi-même, par exemple être à l'heure, et se faire respecter : le client est roi, mais ce n'est pas un dieu, et on ne laissera jamais un client manquer de respect à un de nos salariés. L'innovation, parce que si on n'avance pas, on commence à reculer. Et la persévérance, la plus importante : apprendre à tomber, à se relever, à recommencer.

    Évaluer les valeurs en entretien, managers et dirigeant compris

    Vincent Aboyans : Qu'est-ce que tu retires d'avoir autant défini et porté ces valeurs ?

    Vincent Giraudeaux : Le plus compliqué, c'est de convaincre le premier salarié. Aujourd'hui, on est 95 : celui qui rentre dans la boîte a 94 ambassadeurs. Et ce CERIP rythme nos entretiens annuels. Les gens sont, entre guillemets, notés sur le CERIP bien plus que sur leur chiffre d'affaires ou leur rentabilité, parce que je considère que si on est bon sur ces valeurs, tout le reste suit. On en parle dès les entretiens d'embauche.

    Il peut arriver que je me fasse retoquer par un salarié qui me dit : « Bravo la persévérance ! » ou : « Communication chez Yseis ! » Ça me met une claque, je me dis : « Merde ! » Et en même temps, ça prouve que ces valeurs sont importantes aux yeux des salariés, puisqu'ils les ressortent quand nous, on n'a pas été au top en matière d'exemplarité. On se le prend en pleine figure, on se remet au charbon, on assume et on recommence.

    Vincent Aboyans : Évaluer par rapport aux valeurs, ça peut être difficile : tu n'as pas toujours les moyens de mettre des KPI précis. Comment est-ce que vous faites pour l'objectiver ?

    Vincent Giraudeaux : Même avec des chiffres, on pourrait ne retenir que ce qui s'est passé la semaine précédente. Donc on fait des entretiens deux fois par an, pour ne pas attendre la fin d'année. On a des exemples très précis : la ponctualité, l'assiduité dans les réunions. On demande aussi aux salariés de s'auto-évaluer, parce que c'est important de voir comment ils se ressentent. Et chaque manager est évalué par ses salariés.

    Vincent Aboyans : Le 360, c'est un peu un serpent de mer dans beaucoup de boîtes, ça fait toujours peur aux managers. Comment tu fais pour que ça ne devienne pas un défouloir ?

    Vincent Giraudeaux : Je pense que le plus gros frein, c'est nous, c'est le manager, qui imagine que ça va être un défouloir, qu'accepter une critique de la part d'une personne de son équipe, c'est remettre en cause son autorité. Alors que cette autorité va venir du sens qu'on donne aux choses, et de la manière d'accepter un reproche. On se dit les choses : tu n'as pas été correct avec moi, tel événement m'a blessé. Une fois que c'est sorti, on l'accepte, on assume, et ce qui compte, c'est ce qui va se passer demain pour régler ça, ensemble. En réalité, il y a rarement un défouloir. Au moment où on dit les choses et qu'on les accepte, on progresse. Quand on justifie un défaut, voire qu'on le cache, on régresse : on a convaincu l'autre, éventuellement, et on se convainc soi-même.

    Des rituels qui font vivre les valeurs en réunion

    Vincent Aboyans : Ces valeurs sont aussi incarnées de manière très concrète, notamment dans les débuts de réunion et avec une certaine boîte. Comment ça se matérialise ?

    Vincent Giraudeaux : Sur la communication, on a un personnage, Ybonhomme. Une année, j'ai offert à chaque salarié un petit bonhomme en mousse avec le logo d'Yseis, et on a lancé un concours photo, un peu comme dans Amélie Poulain. Ça a pris, mais d'une force… Aujourd'hui, Ybonhomme a un compte LinkedIn, une adresse mail, et quand on a des choses à annoncer, c'est lui qui les annonce.

    Sur le respect et l'exemplarité, il y a la boîte à doudou : à l'entrée de chaque salle de réunion, on y pose ordinateur et téléphone. Ça m'est venu de mon ancienne vie : en acrobatie à cheval, on se déconnectait deux heures avant un spectacle, pour ne pas apprendre une mauvaise nouvelle qui pourrait nous perturber et mettre notre vie en danger. Résultat : nos réunions sont beaucoup plus courtes. Je dis souvent en rigolant que la seule difficulté, c'est de travailler sur son ego, et d'accepter que quand on rebranche son téléphone, la Terre a continué à tourner sans nous.

    Et chacune de nos réunions débute par un « comment tu te sens ? », posé à chaque personne. On ne change pas l'ordre du jour, mais on change la manière d'aborder les choses : lui a la patate aujourd'hui, je vais m'appuyer sur lui ; elle n'a pas l'air en forme, je vais éviter de la titiller, c'est à moi de compenser sa fatigue. Ça vient de l'échauffement en coulisses, où l'on se jauge entre artistes pour savoir qui est en forme. Au bout d'un moment, dans une équipe, dans un codir, juste à la manière dont quelqu'un répond, tu sais si ça va ou pas. Et c'est sur celui ou celle qui a une patate d'enfer que je vais m'appuyer pour les décisions difficiles.

    « En entreprise, on a la possibilité de demander comment ça va, et on le fait même 100 fois par jour, mais on n'écoute pas la réponse. »

    Grandir sans lever de fonds : le temps d'une culture

    Vincent Aboyans : Yseis, c'est 7 millions de chiffre d'affaires et 95 salariés, et tu as gardé quasiment 100 % de ton capital, avec quelques salariés entrés au capital. Pourquoi ce choix de te développer organiquement, sans jamais lever d'argent ?

    Vincent Giraudeaux : Ça s'est fait naturellement. Mais j'ai aussi créé une start-up, et j'ai découvert cet univers-là, qui m'a fait peur. Une culture, ça ne se fait pas en deux jours. Il faut d'abord travailler la terre, les bases, puis laisser pousser et attendre. Si on veut aller plus vite, il faut de l'engrais : de l'argent qui n'est pas le vôtre, qui vient d'investisseurs, puis plein d'artifices pour créer une espèce de cohésion, jusqu'au baby-foot ou aux tomates cerises sur le rooftop. Sans faire le vieux conservateur, je trouve cet univers de la levée de fonds pour aller très vite dévastateur. Les seuls qui dérouillent, ce sont les salariés.

    Vincent Aboyans : Le fondateur de LinkedIn définit l'entrepreneur comme quelqu'un qui est capable de se jeter d'une falaise et qui, avant d'avoir touché le sol, a construit un avion.

    Vincent Giraudeaux : Oui, des fois, ça marche. Lui, il aura son parachute. Mais même si ça marche, l'avion est construit un peu à l'arrache, on fait trois loopings, et tout le monde est malade à l'arrière. Pour moi, c'est beaucoup plus vertueux d'être entrepreneur depuis vingt ans que d'avoir explosé une boîte en deux ans, même si ça cartonne.

    Vincent Aboyans : Tu as pris un peu de recul sur Yseis pour d'autres projets. Le spectacle ne t'a jamais lâché ?

    Vincent Giraudeaux : J'ai délégué, parce que c'est aussi important que les gens s'épanouissent et prennent de l'importance dans l'entreprise. Et je fais des conférences-spectacles, notamment avec Firmin Gruss, et des journées d'immersion pour des comités de direction sous le chapiteau de la compagnie Alexis Gruss. Non. Quand on est tombé dedans petit, on n'a qu'une envie : revivre ça différemment, par la transmission.

    Vincent Aboyans : Dernière question, traditionnelle sur ce podcast : quel conseil donnerais-tu à un dirigeant ou à une dirigeante qui hésite à travailler sa culture d'entreprise ?

    Vincent Giraudeaux : Cette culture, c'est vraiment elle qui donnera de beaux fruits au final. Il faut être patient, parce que si on veut aller trop vite, ce n'est pas forcément le chef d'entreprise qui va se griller, mais c'est plutôt les salariés. Il faut qu'elle soit vraiment incarnée, bien travaillée : ce que je veux dans ma boîte, et, je le redis, ce que je ne veux pas. Puis très bien former le premier salarié, pour qu'il devienne le meilleur des ambassadeurs. En n'oubliant pas que cette culture, ces valeurs, il faudra les adapter à chaque salarié, parce que chaque salarié est différent, chaque jour est différent. Et tant mieux, parce qu'on ne sera jamais des robots.

    Pour aller plus loin

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