Sébastien Loctin (Biofuture) : « On n'est pas là pour vendre du rêve »
Éviter une erreur de recrutement en PME : Sébastien Loctin (Biofuture) racontait en 2023 son processus, de l'annonce honnête à l'entretien d'alignement.
Interview de Vincent Aboyans pour le podcast Harmony Inside. Entretien diffusé le 5 juin 2023. Les chiffres cités sont ceux de Biofuture au moment de l'entretien. Écouter l'épisode
Comment éviter une erreur de recrutement dans une PME exigeante, celle qui se révèle au bout de trois mois, quand la personne recrutée sur un bon CV n'est pas à sa place ? Sébastien Loctin a fondé Biofuture, qui conçoit des huiles, des sauces et des condiments bio à partir de matières premières françaises, sous les marques Quintesens et .nod. Au moment de l'entretien, diffusé en juin 2023, l'entreprise avait une dizaine d'années d'activité, comptait une vingtaine de personnes et réalisait environ 4 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Il décrivait un processus de recrutement qu'il jugeait lui-même « assez lourd » pour une petite entreprise : une fiche de poste qui dit ce qui sera difficile, des compétences et des valeurs vérifiées par plusieurs personnes, un DISC pour tous, et un seul entretien avec le dirigeant, consacré à l'alignement. Il en assumait aussi l'autre versant : arrêter une collaboration quand quelqu'un n'est pas « en joie ».
Pour un dirigeant et son DAF, l'enjeu est la stabilité des équipes. Au moment de l'entretien, Sébastien Loctin affirmait ne pas connaître de turnover hors alternants, avec des collaborateurs présents depuis quatre, cinq, voire dix ans.
De Lesieur à Biofuture : changer le placard sans changer les habitudes
Vincent Aboyans : Sébastien, est-ce que tu peux te présenter, pour que les auditeurs te connaissent un peu mieux ?
Sébastien Loctin : Je suis le fondateur et CEO de Biofuture. Je suis entrepreneur, mais avant ça, je suis un passionné d'alimentation : mes grands-parents étaient paysans d'un côté, chef pâtissier traiteur de l'autre. Le bien manger était une culture.
J'ai démarré ma carrière chez Lesieur, pendant plus de dix ans : une marque leader, qui fait des huiles, des sauces, des condiments. J'étais très content d'être dans un grand groupe, sur des marques connues. Ça flattait bien mon ego. Puis, il y a dix ans, j'ai créé Biofuture. Un des déclencheurs, ça a été l'arrivée de mes enfants. Ils m'ont réconcilié avec ce que mes parents et mes grands-parents m'avaient appris de l'alimentation : je les nourrissais d'une manière un peu sacrée, et je me rendais compte qu'au quotidien, je faisais tout autre chose. J'ai décidé de partir pour me réaligner.
Vincent Aboyans : Est-ce que tu peux nous expliquer ce que fait Biofuture, comme si je n'en avais aucune idée ?
Sébastien Loctin : Quand j'ai créé Biofuture, mon ambition, c'était d'aider les gens à changer le monde, mais sans changer leurs habitudes alimentaires. Quand j'ouvrais mon placard, je me rendais compte que ce qu'il y avait dedans n'était vraiment pas satisfaisant. Je me suis dit : je vais revisiter ce qu'on a dans nos placards, avec un cahier des charges très exigeant. Les huiles, les sauces, les condiments, avec des matières premières françaises, de l'agriculture bio, une optimisation nutritionnelle des recettes, et un max de goût. L'idée, c'est de créer de l'impact dans le placard des gens en changeant tout, et en leur donnant l'illusion qu'on n'a rien changé.
Vincent Aboyans : C'est très difficile.
Sébastien Loctin : Super difficile.
Conscience, courage et la joie comme indicateur
Vincent Aboyans : Ça ne doit pas être facile de quitter une carrière comme celle-là pour créer l'entreprise que tu veux, pour être aligné. Comment on fait pour créer une entreprise dans laquelle on est aligné avec soi-même ?
Sébastien Loctin : C'est difficile. Je crois qu'il faut de la conscience et du courage. Il faut arriver à s'écouter vraiment. Et il y a un indicateur qui ne trompe pas : la joie. À partir du moment où on n'est plus en joie de faire ce qu'on fait, c'est qu'il y a un truc qui cloche. Il faut alors s'interroger, puis avoir du courage. J'aime bien le mot courage : pour moi, c'est l'association du cœur et de la rage. L'intention part du cœur, avec suffisamment de rage et de détermination pour ne pas avoir peur d'échouer. À cette époque-là, je me rendais bien compte que ce que je faisais n'avait plus de sens pour moi. Je m'étais un peu nourri du confort, du pouvoir, de la fiche de paye, du statut. Il faut du courage, parce que c'est super difficile de plaquer un confort de vie : on est bien payé, on est en sécurité.
Vincent Aboyans : Et cet alignement-là, entre tes valeurs, ce que tu produis, ce que tu fais, tu dirais que tu l'as trouvé aujourd'hui ?
Sébastien Loctin : Je ne sais pas si tu le trouves. Je pense que tu le crées. C'est un chemin. La seule chose que je sais, c'est que dans ma boîte, quand je fais les choses, il faut que je sois OK avec, que ça me corresponde. Je ne suis pas du tout le même entrepreneur que j'étais il y a dix ans. La boîte a grandi, et quand tu grandis, il faut arriver à garder ce socle de valeurs, cette cohérence. C'est difficile, mais quand tu t'écoutes, ça devient assez naturel.
Recruter sur les valeurs commence par la sincérité du dirigeant
Vincent Aboyans : Entreprendre, c'est aussi construire une équipe. Tu parles de valeurs, de joie : j'imagine que tu y es attentif chez les candidats qui postulent pour te rejoindre. Comment fais-tu pour détecter cet alignement, ou ce potentiel d'alignement ?
Sébastien Loctin : C'est une bonne question, parce que c'est très difficile de dealer avec l'humain. Notre cerveau a déjà une formidable capacité à nous mentir. Je ne connais personne qui puisse me dire dans les yeux qu'il ne se ment jamais à lui-même. Alors quand tu recrutes un collaborateur, c'est très difficile de contourner l'histoire que son cerveau lui raconte, pour t'assurer que tu tapes bien sur ce qui est important pour lui. On se trompe parfois. On essaie de se tromper de moins en moins, on apprend dans nos process.
La première chose, pour moi, qui est fondamentale, c'est que tout part de soi : il faut déjà que je sois vrai avec moi-même.
« Ce que la vie m'a montré, c'est que quand tu es vrai avec toi-même, tu attires des gens qui sont globalement assez vrais avec ce que tu portes et assez vrais avec eux-mêmes. »
Sébastien Loctin : Il y a une espèce de circularité qui se met en place : viennent à toi des gens qui sont dans ta vérité. Donc le premier truc, c'est le travail sur moi. Pour attirer les collaborateurs qui portent mes valeurs et qui sont prêts à s'engager dans ce combat-là, je me dis : Seb, ne te mens pas, travaille sur toi, cultive ta joie, sois le plus sincère, authentique, lisible. Comme ça, tu auras des gens qui viennent naturellement à toi, sans illusion, parce qu'ils sauront déjà où ils mettent le pied.
Vincent Aboyans : C'est exactement le discours que je tiens quand je parle à des clients du travail sur leur culture d'entreprise : être lisible, authentique, savoir quelles sont ses valeurs. Toi, tu tiens ce discours par rapport à toi-même. Est-ce que tu fais un lien entre toi, en tant qu'entrepreneur, et l'entreprise que tu portes ?
Sébastien Loctin : Oui, complètement.
« Je pense que l'entreprise est une facette de moi. Donc, elle doit être une facette sincère et honnête. »
Sébastien Loctin : Et ce travail sur toi, il est super dur. Ça fait des années que je travaille dessus. L'entreprise me met face à mes peurs, à mes incohérences. Tu es souvent soumis au renoncement, à la tentation. Tu te dis : après tout, c'est tellement compliqué de faire un produit aussi pointu, c'est plus simple de mettre un petit peu d'additifs, ce n'est pas grave si ça vient de plus loin. Quand tu joues avec tes marges sur ton tableau Excel, tu es vite tenté. Tu as la peur économique derrière.
Donc j'essaie toujours de ramener ça au niveau du cœur, en me demandant ce qui est juste. Et c'est mon premier levier de recrutement, vraiment. On a la chance d'avoir beaucoup de gens qui postulent spontanément chez nous. Je pense qu'ils ressentent cette énergie-là. Après, il y a plein de techniques de recrutement, évidemment : ce n'est pas que de l'ésotérique.
Dire la difficulté du poste dès l'annonce
Vincent Aboyans : Justement, concrètement : est-ce que tu peux nous livrer ta sauce secrète pour détecter quand les gens se mentent à eux-mêmes, et quand ils seront réellement alignés avec ce que porte Biofuture ?
Sébastien Loctin : On a un process de recrutement, pour une petite boîte, qui est assez dingo, franchement. Assez lourd, même, peut-être : les collaborateurs doivent parfois se demander où ils ont atterri. Ça part de la définition de notre fiche de poste. On essaie d'être d'une clarté et d'une précision absolues pour expliquer aux gens ce qui va être super, ce qui va être difficile et ce qu'ils vont devoir faire. Qu'il n'y ait pas de leurre.
« On n'est pas là pour vendre du rêve. Je ne suis pas là pour dire aux gens : vous allez voir, tout va être merveilleux. »
Sébastien Loctin : Chez nous, c'est difficile. On se bat sur un marché qui est complexe. On est hyper exigeants. C'est formidable, mais c'est difficile. Donc ça part de là.
Ensuite, quand on reçoit les CV, on a un tri, avec une grille de méthodo qui nous permet de les trier. Puis le manager passe 20 minutes avec le candidat, uniquement centrées sur lui : 20 minutes de décryptage, pour être certain qu'on a bien compris son CV, ses motivations. C'est un travail préparatoire. Quand on rentre dans les dernières sélections, il y a un entretien avec le manager, très préparé, qui porte sur les valeurs, mais également sur les compétences techniques, l'expérience, les attendus. Ensuite, il y a une interview avec une autre personne de l'équipe, pour croiser d'autres regards.
Et le dernier rendez-vous, il est avec moi. Mes collaborateurs disent toujours au candidat : ne vous inquiétez pas, vous allez voir, il est un peu bizarre, mais ça va bien se passer. C'est vrai que je ne pose pas de questions sur l'expérience, sur les compétences techniques : ça ne m'intéresse pas.
Éviter une erreur de recrutement : un seul entretien du dirigeant, sur l'alignement
Vincent Aboyans : Tu considères que ça a déjà été validé par tes camarades avant ?
Sébastien Loctin : Exactement. Et je leur fais confiance là-dessus. Ce qui m'intéresse, moi, c'est que j'ai l'impression de faire une heure d'entretien de psy.
« Je challenge la personne en lui disant : on va se marier. Donc, pour que le mariage soit réussi, il ne faut pas qu'on se mente, ni l'un ni l'autre. »
Sébastien Loctin : Mon exercice, c'est de veiller à ce qu'elle me pose les bonnes questions pour ne pas se mentir, et de veiller à lui poser les bonnes questions pour qu'elle ne se mente pas, et donc, par ricochet, qu'elle ne nous mente pas. Parce qu'il n'y a rien de pire que d'avoir un collaborateur qui n'est pas sur le bon chemin. Au bout de trois mois, chez nous, ça se détecte, et ça devient compliqué pour lui et compliqué pour nous. Et enfin, une fois qu'on a fini cet entretien, on fait un test DISC.
Le DISC pour tous, alternants compris
Vincent Aboyans : Ah, vous faites du DISC ?
Sébastien Loctin : Exactement, à tous les collaborateurs, alternants compris. Pour ceux qui ne connaissent pas, le DISC, c'est un modèle avec, en gros, quatre couleurs. Le rouge, pour ce qui va être très dominant, très action, très orienté résultats. Le I, le jaune, pour l'influence : des gens très solaires, dans l'inspiration. Le S, dont j'oublie toujours le nom, c'est le consensus. Et le bleu, la conformité, la capacité à suivre des règles.
Vincent Aboyans : Est-ce que tu cherches un profil DISC particulier ?
Sébastien Loctin : On cherche un profil adapté au poste. Tout le monde fait un DISC chez nous, donc on a un profil d'entreprise : on a aussi une restitution d'équipe, pour voir quel est le profil de l'entreprise et où on peut avoir des manquements. Ensuite, par rapport au poste, on détermine avec le coach quelles sont les bonnes couleurs. Par exemple, sur un poste comptable, si tu mets quelqu'un de très jaune, ça va lui demander un tel effort…
On a un débrief avec un coach. C'est un process assez long, on le fait aussi pour les alternants. On essaie de ne mettre personne en échec, parce que c'est un échec pour l'entreprise, mais c'est aussi un échec pour le collaborateur, et ça génère une souffrance.
Pas de turnover, et la décision d'arrêter une collaboration
Vincent Aboyans : Combien de temps projettes-tu tes collaborateurs dans l'entreprise ? Aujourd'hui, la norme, c'est de changer de job entre un et trois ans. Au vu de l'ambition que tu portes, tu as peut-être besoin de bases plus solides.
Sébastien Loctin : J'ai le sentiment qu'on va un peu à la guerre. Tu ne peux pas aller à la guerre avec des gens qui ont un CDD dans la tête.
Vincent Aboyans : À la guerre, je ne sais pas, mais en mission, sûrement.
Sébastien Loctin : En mission, oui, clairement. C'est intéressant que tu me poses cette question, parce que je me rends compte que je ne me la suis jamais posée. Comme je ne sais pas où on va arriver, on invite tout le monde à nous accompagner sur un chemin, aussi longtemps qu'ils le souhaitent. Hors alternants, qui tournent au gré de l'alternance, on a la chance de ne pas avoir de turnover. Des collaborateurs sont là depuis dix ans, d'autres depuis quatre, cinq ans, et je pense qu'ils ne se posent même pas la question de l'après.
Vincent Aboyans : Quand tu dis qu'on met des gens en échec, j'ai le réflexe de te demander : ça veut dire quoi, en échec ?
Sébastien Loctin : L'échec, pour nous, c'est le jour où tu ressens qu'un collaborateur n'est pas en joie. Il y a alors une forme d'énergie qui se diffuse dans l'entreprise et qui n'est pas saine, parce que c'est très contagieux.
Vincent Aboyans : Comme la joie est très contagieuse.
Sébastien Loctin : Bien sûr. Quand tu as quelqu'un qui n'est pas sur son bon chemin, ça se sent, et ça génère un irritant. Prendre la décision d'arrêter la collaboration, parfois il le faut, mais c'est très difficile. C'est toujours très douloureux pour moi. Mais il vaut mieux parfois prendre une décision difficile et ne pas laisser quelqu'un en souffrance que de vouloir faire plaisir et de fermer les yeux sur le sujet.
Croître lentement et tenir ses valeurs malgré la marge
Vincent Aboyans : Biofuture, c'est une vingtaine de personnes, si je ne me trompe pas, 4 millions de chiffre d'affaires, une boîte que tu as créée il y a dix ans. On me parle beaucoup de levée de fonds, de bootstrap, d'hypercroissance. Toi, c'est quoi le mode de développement que tu as choisi, et pourquoi ?
Sébastien Loctin : Je ne vais pas dire que c'est un mode en bon père de famille, mais il y a un peu de ça. Je pense que les bonnes choses prennent du temps, en cuisine. En dix ans, on a une gamme de 20 produits, ce qui est très faible, parce que quand on lance un produit, on prend le temps de le réfléchir. On ne veut pas faire de l'innovation pour l'innovation : il faut qu'on soit certain que le produit puisse remplacer un blockbuster du placard. Typiquement, le ketchup : tout le monde en consomme. Chez nous, les tomates viennent de Provence, on a remplacé le sucre par des betteraves et des carottes. Ça prend du temps d'arriver à remplacer un tel produit en ayant tout changé.
La grande fierté qu'on a, c'est que depuis qu'on a démarré, on n'a jamais arrêté un produit qu'on a lancé. Évidemment, on sent bien qu'il y a un besoin d'accélérer, et on est en train d'accélérer. Mais on a plutôt une culture d'entreprise qui consiste à prendre le temps de bien faire les choses.
Vincent Aboyans : Avec le niveau d'exigence que tu as, j'imagine que tu es sur des niveaux de marge qui ne sont pas monumentalement élevés. Comment arrives-tu à financer ça ?
Sébastien Loctin : Je vais te prendre comme contrôleur de gestion ! Nous, on fait deux fois moins de marge que les très gros du marché, et on est pourtant plus chers : on met tout dans le produit. Nécessairement, ça nous oblige, et ça fait partie de la stratégie, à aller sur des produits à volume. C'est pour ça que je parle de blockbusters.
Accélérer dans la crise, se méfier du business plan
Vincent Aboyans : Quelles sont tes ambitions à court et moyen terme pour Biofuture ?
Sébastien Loctin : On est ambitieux, et la crise qu'on traverse challenge nos modèles. On pourrait se dire : il y a de l'inflation, le marché du bio souffre, il faut réduire la voilure, il faut être vigilant. Je suis absolument convaincu du contraire : dans ces moments-là, il faut accélérer. C'est Sénèque qui disait qu'il n'y avait pas de vent profitable à celui qui ne sait pas où il va. Nous, on a la chance d'avoir un cap hyper clair. La tempête, on va la traverser, et on va accélérer. C'est vraiment le message qu'on passe aux équipes, et on en est tous convaincus.
Vincent Aboyans : Ce cap hyper clair, est-ce qu'il se traduit en ambition de croissance pour l'entreprise ?
Sébastien Loctin : On est obligés d'avoir un BP, parce qu'on est dans un monde où il faut normaliser, écrire, chiffrer. Je n'aime pas trop les BP. Il en faut, parce que les banquiers nous en demandent, les investisseurs nous en demandent. Mais le BP, il enferme, en fait. Donc on a un BP structuré, mais parfois, je pense qu'il faut faire confiance. Tu ne sais pas pourquoi, il y a un buzz qui se crée, et tu te retrouves avec un truc qui roule tout seul, qui cartonne, sans avoir quasiment produit d'efforts. Parce qu'en fait, tu as produit des efforts pendant dix ans, avant. On a un BP, on est ambitieux : je pense qu'on fera x3, x4 en termes de chiffre d'affaires sur les trois ans.
Vincent Aboyans : Faire x4, c'est déjà une très belle ambition.
Le conseil final : travailler sur soi, puis sur sa culture
Vincent Aboyans : Dernière question, la question traditionnelle du podcast : quel conseil donnerais-tu à un dirigeant qui hésite à travailler sur sa culture d'entreprise ?
Sébastien Loctin : C'est comme dire à un ami, à moi ou à mes enfants : ne travaillez pas sur vous-mêmes. On ne peut pas, quand on a une entreprise, ignorer les impacts qu'elle génère. J'adore me dire que j'ai des collaborateurs qui sont là depuis longtemps, que l'entreprise leur a permis de réaliser des rêves.
Donc la culture d'entreprise, il faut travailler dessus. Encore une fois, il faut travailler sur soi, puis veiller à ce que cette culture d'entreprise nous soit fidèle, et à ce que les collaborateurs qui viennent chez nous soient le plus possible authentiques vis-à-vis de ce qu'ils viennent chercher pour s'épanouir. On attache autant d'importance à développer les compétences techniques des collaborateurs qu'à développer leur part d'eux-mêmes, leur développement personnel. On fait des séminaires, de la sophrologie, des cours de cuisine végétale collective. On essaie de faire en sorte qu'ils s'accomplissent chez nous, en tant qu'hommes et femmes.
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