Engagement environnemental : et si tout commençait par la culture ?
La semaine de l’environnement vient de se terminer. Et montre que malgré le bashing ambiant lié au retrait des États-Unis des accords climatiques, les entreprises engagées pour l'environnement sont de plus en plus nombreuses. Le succès croissant de la Convention des Entreprises pour le Climat en est la preuve. Et le sujet franchit un nouveau cap : une récente proposition de loi à l'Assemblée nationale vise à faire entrer la "nature" dans la gouvernance même des entreprises. Mais pour que cet engagement se matérialise vraiment, c'est un changement culturel qu'il faut opérer. Un engagement humain, d'abord — qui seul peut porter un engagement environnemental sincère et durable. La preuve ? L'atelier "2 Tonnes", fort de ce même constat, est récemment devenu l'atelier "Hability", avec pour leitmotiv : former l'humain.
1. La fin du greenwashing : développer une culture de l'authenticité
Facile à dire, plus difficile à faire.
En cette semaine de l'environnement, toutes les entreprises ont de beaux discours : les arbres plantés, les ecocups qui ont remplacé les gobelets en plastique… Très bien. Mais même les entreprises pétrolières le font.
La vraie question, c'est celle de l'impact carbone global, y compris le fameux scope 3 — et surtout de la transparence sur cet impact. Bonne nouvelle : avec la CSRD (même si elle a pris un "Omnibus" en 2025 qui a retardé son application), les exigences de reporting rendent indispensable une politique environnementale cohérente et d'envergure. Le risque réputationnel lié au greenwashing est désormais réel et documenté.
Ce que cela implique concrètement ? De la sincérité. Oser communiquer non seulement sur ce qui a fonctionné, mais aussi sur ce qui n'a pas marché, sur ce qui reste à faire. Cette posture d'honnêteté organisationnelle n'est pas naturelle dans beaucoup d'entreprises: elle s'apprend, elle se cultive. Elle nécessite un changement culturel profond vers plus d'authenticité.
2. L'engagement au cœur de la mission : s'aligner autour d'un "pourquoi" commun
Les entreprises les plus sincèrement engagées franchissent une étape supplémentaire : elles inscrivent dans leurs statuts, via leur mission ou leurs "objectifs de mission", leur engagement vis-à-vis de la planète.
Dans ce cas, l'aspect environnemental n'est plus un département ou une politique annexe — il est directement relié à la raison d'être de l'entreprise. Pour les Sociétés à Mission notamment, cela nécessite de revoir l'ensemble de la structure pour incarner cette mission à tous les niveaux : les recrutements, les critères de décision, les rituels managériaux, les évaluations de performance.
La cohérence entre la culture réelle de l'entreprise et ces objectifs de mission est ici non négociable. Une mission environnementale affichée dans les statuts mais absente des pratiques quotidiennes est le greenwashing le plus subtil, et le plus dangereux pour la confiance interne.
3. De la réduction de l'impact à la régénération : un changement de paradigme… culturel
Jusqu'à récemment, s'engager pour l'environnement signifiait essentiellement minimiser son impact négatif : moins de CO₂, moins de déchets, moins de plastique. C'était déjà bien.
Mais une nouvelle ambition émerge : restaurer, régénérer, améliorer l'environnement plutôt que simplement le dégrader moins. Passer du "moins mauvais" au "contributif net positif".
Ce basculement représente une mutation profonde de la raison d'être de l'entreprise, l'un des piliers les plus structurants de la culture d'entreprise. Il ne suffit pas de changer de discours ou d'indicateurs : il faut ajuster l'ensemble du système culturel pour que les équipes soient réellement alignées et porteuses de cette nouvelle vision. Ce n'est pas un projet RSE. C'est une transformation.
4. Mais d'abord et avant tout : prendre soin de l'humain
C'est l'angle mort de beaucoup d'organisations engagées pour la nature : elles oublient l'aspect humain. Or la nature ne se protège pas toute seule. Il faut des femmes et des hommes, et il faut qu'ils soient eux-mêmes engagés.
C'est là que le bât blesse. Si on leur demande des efforts supplémentaires (venir en transport en commun, réduire le chauffage, trier les déchets..) alors il faut en faire pour eux. En cohérence.
“Il y a 15 ans, à San Diego, Californie. Je travaillais pour Véolia Transport, qui opère des bus, afin de les aider à réduire leur impact environnemental : apprendre l'éco-conduite, limiter la climatisation… Sauf qu'à l'époque, le changement climatique, les chauffeurs n'y croyaient pas. Pour qu'ils fassent des efforts, car c'en était, il fallait qu'ils s'y retrouvent. En les écoutant, en améliorant leurs conditions de travail, ils étaient alors prêts à faire leur part. L'équation était simple : on prend soin d'eux, ils prennent soin de la planète.”
Cette expérience résume tout. Le leadership doit lui aussi être "régénératif"...pour ses équipes. Comment réparer ce qui appartient au passé, protéger ce qui existe aujourd'hui, donner de l'énergie pour construire l'avenir ? C'est bien une transformation culturelle qui est en jeu.
Conclusion
S'il est facile de planter des arbres ou de trier ses déchets, vous n'aurez d'impact réel et d'engagement sincère qu'en plaçant l'humain au cœur de la démarche.
Régénérez votre management, et vous contribuerez aussi à régénérer la planète.
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